mercredi 30 décembre 2009

Venus Williams


1 PRÉSENTATION

Williams, Venus (née en 1980), joueuse de tennis américaine.

Venus Williams a remporté 7 tournois du Grand Chelem. Elle a été numéro un mondiale en février 2002.

2 LES PREMIERS PAS PROFESSIONNELS

Née à Lynwood (Californie), Venus Williams découvre le tennis dès l’âge de quatre ans et commence sa carrière professionnelle en 1994. Entraînée par son père, elle ne participe cependant qu’à quelques tournois afin de poursuivre sa scolarité. Ses premières performances significatives sur le circuit WTA datent de 1997, notamment à Indian Wells et Key Biscayne aux États-Unis où elle domine des joueuses mieux classées, parmi lesquelles sa compatriote Jennifer Capriati.

Si ses résultats dans les épreuves du Grand Chelem cette année-là sont décevants, son niveau de jeu progresse et lui permet de battre Martina Hingis (alors numéro un mondial) lors du tournoi de Sydney au début de l’année 1998 et d’atteindre les quarts de finale des Internationaux d’Australie.

3 LA CONSÉCRATION « PROGRAMMÉE »

Venus Williams remporte son premier titre en simple à l’occasion du tournoi d’Oklahoma City (États-Unis) en 1998, puis elle s’impose à Key Biscayne, première victoire dans un tournoi d’importance. L’année 2000 est celle de la consécration : médaille d’or aux jeux Olympiques d’été de Sydney (Australie), victoires aux Internationaux de Grande-Bretagne et des États-Unis, performance unique qu’elle renouvelle l’année suivante.

En 2002, finaliste malheureuse aux Internationaux de France, de Grande-Bretagne et des États-Unis, Venus Williams doit céder la 1re place de la hiérarchie mondiale (après l’avoir occupée pendant quelques semaines) à sa sœur Serena. La saison 2003 est marquée par deux nouvelles finales « fratricides » en Grand Chelem (lors des Internationaux d’Australie puis ceux de Grande-Bretagne) et par deux nouvelles défaites pour Venus Williams contre sa jeune sœur.

Ponctuée de blessures, la saison 2004 n’apporte aucun nouveau titre majeur à Venus Williams. En 2005 et 2007 cependant, elle fait du gazon de Wimbledon son « jardin » en s’y imposant pour les 3e et 4e fois et en y remportant ses 5e et 6e tournois du Grand Chelem. Mais ces succès prestigieux masquent plusieurs saisons difficiles (notamment en 2006), marquées par une lutte intense pour rester parmi les meilleures joueuses mondiales.

4 UNE JOUEUSE CHARISMATIQUE ET MODERNE

Dotée d’exceptionnelles qualités physiques et d’une puissance rare sur le circuit féminin, Venus Williams dispose en outre d’atouts techniques non négligeables qui en font une adversaire particulièrement difficile à manœuvrer. Spectaculaire, son style de jeu agressif s’inscrit dans la droite ligne de l’approche tennistique de Monica Seles notamment, et contribue à la nouvelle identité du tennis féminin.

En outre, protégée par son père et très proche de sa sœur, Venus Williams appartient à un « clan » dont la présence est parfois jugée envahissante par certaines joueuses du circuit. Elle bénéficie toutefois d’une importante popularité auprès du public et des médias qui plébiscitent et mettent en exergue sa personnalité charismatique et fougueuse.

Serena Williams


1 PRÉSENTATION

Williams, Serena (née en 1981), joueuse de tennis américaine.

Serena Williams a remporté 12 tournois du Grand Chelem et un Masters. Elle a été numéro un mondiale en 2002, 2008 et 2009.

2 LES ANNÉES DE FORMATION

Née à Saginaw (État du Michigan), Serena Williams est élevée en Californie. Son père l’encourage rapidement (comme il encourage sœur Venus Williams) à développer ses exceptionnelles aptitudes pour le tennis. Elle participe à des tournois dès l’âge de 5 ans et s’aguerrit par la suite au fil de nombreuses compétitions juniors. Dès 1990, la famille Williams s’installe en Floride, et Serena intègre le circuit professionnel à 14 ans.

Toutefois, pour éviter de lui imposer des cadences physiques trop importantes et une pression psychologique difficile à supporter à cet âge, son père (qui est également son entraîneur) lui établit un programme de jeu raisonnable. Serena Williams remporte son premier titre junior aux Internationaux de France en 1999. Quelques mois plus tard, évoluant désormais parmi les seniors, elle atteint la finale d’un tournoi majeur en Floride, mais cède la victoire à sa sœur.

3 LES PREMIERS TITRES

Le véritable avènement au plus haut niveau a lieu lors des Internationaux des États-Unis de la même année 1999 : s’appuyant sur une puissance physique peu commune et des coups d’attaque du fond du court particulièrement efficaces et dévastateurs pour ses adversaires, Serena Williams domine facilement Martina Hingis (alors numéro un mondiale) en finale, et s’adjuge ainsi son premier tournoi du Grand Chelem à 17 ans, première joueuse noire à réussir cette performance depuis Althea Gibson en 1958.

Figurant régulièrement parmi les 10 meilleures joueuses du monde, elle poursuit sa progression exponentielle en 2000 (demi-finale aux Internationaux de Grande-Bretagne) et en 2001 (finale perdue contre sa sœur Venus aux Internationaux des États-Unis et victoires à Indian Wells et aux Masters).

4 CONFIRMATION ET CONSÉCRATION D’UN TALENT HORS NORMES

L’année 2002 est quant à elle synonyme d’une domination sans partage : absente des Internationaux d’Australie, Serena Williams gagne sur la terre battue de Roland-Garros aux Internationaux de France, sur le gazon de Wimbledon aux Internationaux de Grande-Bretagne et les Internationaux des États-Unis pour la deuxième fois de sa jeune carrière, confirmant ainsi la polyvalence et la richesse de son jeu. Elle accède logiquement à la 1re place du classement mondial.

En janvier 2003, elle devient la troisième joueuse de l’histoire du tennis à remporter 4 tournois du Grand Chelem consécutivement sur deux saisons, grâce à une nouvelle victoire aux dépens de sa sœur Venus aux Internationaux d’Australie. Demi-finaliste à Roland-Garros, elle s’impose en outre pour la seconde fois consécutivement à Wimbledon.

5 UNE ÉVOLUTION CONTRARIÉE

Écartée des courts pendant plusieurs mois en 2003-2004 en raison d’une blessure, Serena Williams revient progressivement à son meilleur niveau au cours de la seconde moitié de la saison 2004, avant de remporter les Internationaux d’Australie en 2005. Mais de nouvelles blessures l’empêchent de disputer de nombreux tournois entre mai 2005 et juillet 2006.

Classée au 81e rang mondial au début de l’édition 2007 des Internationaux d’Australie, elle s’impose toutefois à la surprise générale en finale aux dépens de la Russe Maria Sharapova, puis à Miami quelques mois plus tard ; ces résultats, combinés à plusieurs places d’honneur dans les tournois du Grand Chelem, lui permettent de terminer la saison 2007 à la 7e place mondiale et de participer ainsi aux Masters.

6 UN RETOUR REMARQUABLE

Serena Williams retrouve la place de numéro 1 en 2008 pour quelques semaines au terme d’une excellente saison, malgré – à nouveau – quelques ennuis de santé. Elle confirme son retour en 2009, avec une saison excellente.

Mats Wilander


Wilander, Mats (1964- ), joueur de tennis suédois, plus jeune joueur à remporter un tournoi du Grand Chelem.

Né à Vaxjo, Mats Wilander s’impose face à l’Argentin Guillermo Vilas en finale des Internationaux de France de Roland-Garros à l’âge de 17 ans et 9 mois, en 1982, un an seulement après son passage chez les professionnels et sa victoire aux Internationaux de France juniors. Ce record de précocité a toutefois été battu en 1985 par l’Allemand Boris Becker, vainqueur des Internationaux de Grande-Bretagne à 17 ans et 3 mois.

En 1983, Mats Wilander connaît une année faste, puisqu’il remporte neuf titres, dont celui des Internationaux d’Australie qu’il conserve l’année suivante, avant de s’imposer à nouveau à Roland-Garros en 1985. À 24 ans, ce Suédois polyvalent, dont le jeu puissant de fond de court évoque celui de son illustre compatriote Björn Borg (même s’il n’est jamais parvenu, contrairement à ce dernier, à s’imposer sur la pelouse rapide de Wimbledon), connaît l’apogée de sa carrière. En effet, de nouveau victorieux à l’Open d’Australie, à Roland-Garros, puis aux Internationaux des États-Unis en 1988, il devient le premier joueur depuis Jimmy Connors en 1974 à gagner trois titres du Grand Chelem lors d’une même saison.

La fin des années quatre-vingt est marquée par des finales de tournois importants donnant souvent lieu à de longs duels entre le Suédois et le Tchécoslovaque Ivan Lendl notamment, autre adepte du jeu de fond de court. Mats Wilander dépossède ce dernier de son rang de numéro un mondial à l’automne 1988 et garde le commandement du classement ATP (Association des tennismen professionnels) pendant vingt semaines. Sa domination est cependant de courte durée, puisqu’il sort du « Top 10 » en 1989, avant d’entamer une longue traversée du désert. Opéré au genou en 1991, il prolonge une carrière en demi-teinte jusqu’en 1996, sans avoir pu briller à nouveau dans les grands tournois. Vainqueur d’un total de 33 titres, dont sept en Grand Chelem, Mats Wilander a également remporté à trois reprises (1984, 1985, 1987) la Coupe Davis avec l’équipe de Suède.

Monica Seles


1 PRÉSENTATION

Seles, Monica (née en 1973), joueuse de tennis américaine d’origine yougoslave.

Monica Seles a remporté 53 titres sur le circuit professionnel (entre 1989 et 2002), dont 9 tournois du Grand Chelem et 3 Masters. Elle a été numéro un mondial pour la première fois en mars 1991, puis de nouveau à plusieurs reprises jusqu’en 1996, pour un total de 178 semaines au sommet du classement mondial.

2 UNE ASCENSION FULGURANTE

Née à Novi Sad (aujourd’hui en Serbie), Monica Seles remporte son premier tournoi junior à l’âge de 15 ans. Elle intègre le circuit professionnel en 1989 et devient en 1990 la plus jeune lauréate des Internationaux de France. En 1991 et 1992, elle conserve ce titre et s’impose lors des Internationaux des États-Unis. Parallèlement, à la faveur de trois victoires consécutives (1991, 1992 et 1993), elle devient la « reine » des Internationaux d’Australie. Toutefois, son jeu puissant de fond du court — Monica Seles utilise une prise de raquette à deux mains pour le revers comme pour le coup droit —, plus adapté aux surfaces lentes, ne lui permet pas de triompher sur le gazon de Wimbledon. Numéro un du classement WTA des joueuses professionnelles pendant 113 semaines entre 1991 et 1993, quasiment imbattable pendant cette période, elle parvient en outre à inscrire son nom à trois reprises consécutivement au palmarès des Masters (1990, 1991 et 1992).

3 UNE HÉGÉMONIE STOPPÉE PUIS CONTESTÉE

Au faîte de sa carrière, Monica Seles est poignardée dans le dos par un spectateur (fervent supporter de sa grande rivale Steffi Graf) lors d’un match du tournoi de Hambourg (Allemagne) en avril 1993 ; blessée physiquement et psychologiquement, elle renonce à toute compétition pendant deux ans. En mai 1994, elle obtient la nationalité américaine. De retour sur le circuit en août 1995, elle réapparaît progressivement parmi les meilleures joueuses mondiales : elle s’impose notamment dans un nouveau tournoi du Grand Chelem (Australie, janvier 1996).

Cependant, sa domination n’est plus aussi hégémonique que les années précédentes. En effet, elle est opposée à une nouvelle génération de joueuses (ses compatriotes Lindsay Davenport, Jennifer Capriati, Venus et Serena Williams, mais également Martina Hingis, les Belges Kim Clijsters et Justine Hénin-Hardenne ou encore les Françaises Mary Pierce et Amélie Mauresmo) qui lui imposent une pression toujours plus importante, désormais difficile à surmonter. Monica Seles remporte son dernier titre en mai 2002 à Madrid (Espagne) et, handicapée par de nombreuses et régulières blessures, dispute son dernier match officiel l’année suivante à Roland-Garros. Après plusieurs saisons alternant espoirs de retour à la compétition et désillusions, elle met un terme à sa carrière sportive en février 2008.

Peu appréciée sur les courts en raison de son tempérament jugé trop démonstratif par ses adversaires, Monica Seles a néanmoins largement contribué, par son engagement physique et sa volonté, mais également par sa rivalité sportive avec Steffi Graf, à l’évolution du tennis féminin vers des confrontations de plus en plus spectaculaires et populaires.

Pete Sampras


1 PRÉSENTATION

Sampras, Pete (1971- ), joueur de tennis américain.

Vainqueur de 64 titres, dont 14 tournois du Grand Chelem, et numéro un mondial pendant cinq saisons consécutives entre 1993 et 1998, Pete Sampras a marqué l’histoire du tennis. Mêlant fluidité stylistique et puissance physique, son jeu a permis la transition entre classicisme et modernité.

2 AVÈNEMENT ET CONSÉCRATION D’UN JOUEUR HORS NORMES
2.1 Un palmarès longtemps inégalé

Né à Washington, Pete Sampras devient professionnel en 1988 et remporte son premier tournoi en 1990, année de son triomphe aux Internationaux des États-Unis. Vainqueur des Masters en 1991 (puis en 1994, 1996, 1997 et 1999), il est, quelques jours plus tard, « responsable » de la défaite de son équipe contre la France en finale de la Coupe Davis — qu’il contribue cependant à reconquérir en 1995.

Il remporte par la suite sept fois les Internationaux de Grande-Bretagne (1993, 1994, 1995, 1997, 1998, 1999 et 2000), les Internationaux des États-Unis à cinq reprises (1990, 1993, 1995, 1996 et 2002), les Internationaux d’Australie à deux reprises (1994, 1997), tandis qu’il échoue toujours aux Internationaux de France.

2.2 Un joueur polyvalent, un attaquant « de style »

Attaquant puissant, joueur complet disposant de qualités techniques exceptionnelles tant en jeu de fond de court qu’en enchaînement service-volée, Pete Sampras est le premier à dépasser les 1 000 aces (ou services gagnants placés hors de portée de l’adversaire) servis en une année. Il a pu être considéré comme le seul joueur capable de réaliser le Grand Chelem — que l’Australien Rod Laver a été le dernier à réussir, en 1969 — mais ses échecs répétés sur la terre battue de Roland-Garros l’en ont empêché.

3 LA FIN D’UN RÈGNE
3.1 Une suprématie contestée

Après sa 13e victoire en Grand Chelem (Wimbledon en 2001), Pete Sampras n’est plus dominateur sur le circuit comme il l’a été pendant près de dix ans ; souvent blessé, sa capacité à affronter une concurrence toujours plus âpre — son rival « traditionnel » Andre Agassi, mais également une nouvelle génération de joueurs parmi lesquels Gustavo Kuerten, Lleyton Hewitt ou le Russe Marat Safin — est désormais régulièrement remise en question.

S’il concentre ses efforts de préparation physique et psychologique sur les tournois du Grand Chelem, notamment Roland-Garros, son bilan lors des saisons 2000 (seulement 2 titres) et 2001 (une place de finaliste à l’US Open) indique des difficultés croissantes à rester au plus haut niveau.

3.2 Un dernier succès

En 2002, Pete Sampras dispute la finale du tournoi de Houston (États-Unis), mais quitte les Internationaux d’Australie en huitièmes de finale et les Internationaux de France et de Grande-Bretagne dès les premiers tours. Moins affûté physiquement, il ne parvient plus à imposer son jeu.

Toutefois, à l’occasion de l’édition 2002 des Internationaux des États-Unis, après 33 tournois sans victoire, il retrouve sa motivation et s’impose pour la 14e fois en Grand Chelem. Cette victoire aussi inattendue que méritée — il domine en effet successivement certains des meilleurs joueurs du circuit, notamment Andre Agassi en finale — confirme son appartenance au « panthéon » des plus grands joueurs de l’histoire du tennis. Fort de ce dernier succès, Pete Sampras annonce officiellement, en août 2003, la fin de sa carrière sportive.

Ken Rosewall

Rosewall, Ken (1934- ), joueur de tennis australien dont la carrière dura plus de vingt-cinq ans et fut marquée par huit victoires dans les tournois du Grand Chelem entre 1953 et 1972.

Ken Rosewall est né à Sydney. Il fit partie de l'équipe de Coupe Davis victorieuse en 1953, 1955 et 1956, et l'abandonna en même temps que son statut amateur. Il s'imposa en 1953, dès l'âge de dix-neuf ans, dans les Internationaux d'Australie et de France (Roland-Garros) où il gagna également le double, avec son compatriote Lewis Hoad. Encore vainqueur en Australie en 1955, il devint professionnel l'année suivante et remporta les Internationaux des États-Unis (Forest Hills). Après une longue période sans résultats probants, il s'imposa à nouveau dans les Internationaux de France en 1968 (face à Rod Laver), puis dans ceux des États-Unis en 1970, et gagna ceux d'Australie en 1971 (face à Arthur Ashe) et 1972, à trente-huit ans, dix-neuf ans après sa première victoire. Il fut en revanche toujours malheureux à Wimbledon où il échoua quatre fois en finale entre 1954 et 1970. Il disputa les Internationaux d'Australie jusqu'en 1978.

Patrick Rafter


1 PRÉSENTATION

Rafter, Patrick (1972- ), joueur de tennis australien.

2 PATRICK RAFTER, « ENFANT » DU TENNIS AUSTRALIEN

Né à Mount Isa (Queensland) au sein d’une famille nombreuse, Patrick Rafter débute le tennis à l’âge de cinq ans. Au terme de ses études secondaires, il parcourt l’Europe avec son frère aîné Geoff afin de disputer de nombreux tournois. Désormais officiellement entraîné par ce dernier, il intègre le circuit professionnel en 1991 et remporte le premier de ses 11 titres en 1994. Si les résultats tardent à confirmer un talent naturel hors normes, le style et le jeu de Patrick Rafter sont progressivement redoutés par ses adversaires, qui peinent à contrer les assauts répétés de cet attaquant « élevé » dans la tradition des grands joueurs australiens, tels que Rod Laver, Roy Emerson, John Newcombe, Ken Rosewall ou Pat Cash.

3 LE « DÉCLIC » : LES INTERNATIONAUX DES ÉTATS-UNIS EN 1997

L’édition 1997 des Internationaux des États-Unis marque un tournant dans la carrière de Patrick Rafter : à la surprise générale, il s’impose en finale face au Britannique Greg Rusedski et s’adjuge ainsi son premier tournoi du Grand Chelem, exploit qu’il réédite l’année suivante aux dépens de son compatriote Mark Philippoussis, non sans avoir « disposé » auparavant en demi-finale du numéro deux mondial de l’époque, l’Américain Michael Chang. Athlétique et puissant, le jeu de Patrick Rafter, particulièrement efficace sur surface rapide (notamment le gazon de Wimbledon, épreuve dont il atteint la finale à deux reprises consécutivement en 2000 et 2001) se caractérise avant tout par une exceptionnelle présence physique dans les enchaînements service-volée ; auparavant, seuls l’Américain John McEnroe et le Suédois Stefan Edberg possédaient ce style de jeu systématiquement tourné vers l’offensive et particulièrement difficile à maîtriser pour leurs adversaires respectifs.

Numéro un mondial éphémère en juillet 1999, au faîte de sa réussite sportive, Patrick Rafter crée la Children Foundation, fondation pour les enfants malades d’Australie à laquelle il verse une partie non négligeable de ses gains financiers. Spectaculaire et charismatique, il fait par ailleurs l’unanimité auprès du public et de ses confrères tennismen. S’il réside aujourd’hui aux Bermudes, Patrick Rafter n’en demeure pas moins attaché à ses racines australiennes et participe activement aux campagnes de Coupe Davis menées par son pays, notamment aux côtés du jeune prodige Lleyton Hewitt. En 2001 toutefois, à la veille d’une retraite sportive annoncée, il échoue en finale de cette épreuve contre la France.

Cédric Pioline


1 PRÉSENTATION

Pioline, Cédric (1969- ), joueur de tennis français, numéro un dans la hiérarchie nationale de 1996 à 2000.

2 UN JOUEUR DISCRET

Né à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), Cédric Pioline est longtemps resté dans l’ombre de ses aînés Yannick Noah, Henri Leconte et Guy Forget. Entraîné dans une structure personnelle hors de la Fédération française de tennis, il intègre le circuit professionnel en 1989 et se révèle au grand public en 1993 en atteignant la finale des Internationaux des États-Unis où il est battu par l’Américain Pete Sampras. L’année suivante, il atteint la 9e place mondiale, son meilleur rang au classement ATP.

3 LA PÉRIODE FASTE, DES RÉSULTATS PROBANTS

En 1996, il connaît une année faste, ponctuée par une première victoire en tournoi, à Copenhague (Danemark), et le triomphe de la France en Coupe Davis, sous la direction de Yannick Noah. En 1997, il remporte un deuxième titre lors du tournoi de Prague et devient le premier Français depuis Yvon Petra en 1946 à disputer la finale des Internationaux de Grande-Bretagne (Wimbledon) où il est de nouveau battu par Pete Sampras. En 1998, au cours d’une saison en demi-teinte, il réalise son meilleur parcours à Roland-Garros où il ne cède qu’en demi-finale face à l’Espagnol Alex Corretja.

Si l’année 1999 est marquée par deux échecs consécutifs en Coupe Davis (en finale contre l’Australie à Nice et au premier tour de l’édition suivante face au Brésil), la saison 2000 débute sous de meilleurs auspices pour Cédric Pioline puisqu’il remporte à 30 ans son premier tournoi de niveau Masters Series (soit l’un des neuf tournois les plus importants du circuit professionnel après les épreuves du Grand Chelem) en s’imposant à Monaco contre le Slovaque Dominik Hrbaty.

4 LE DÉCLIN

Cependant, la suite de la saison ne confirme pas ces résultats encourageants ; toujours présent en équipe nationale — excellent joueur de double, associé à Fabrice Santoro, il apporte une contribution décisive au parcours sans fautes de l’équipe de France lors de l’édition 2001 de la Coupe Davis, notamment en finale contre l’Australie —, Cédric Pioline semble éprouver des difficultés à trouver la motivation et les ressources physiques nécessaires au plus haut niveau mondial. Battu au premier tour de nombreux tournois, il annonce sa retraite à l’issue d’une médiocre saison 2002.

Mary Pierce


1 PRÉSENTATION

Pierce, Mary (1975- ), joueuse de tennis française d’origine américaine.

Mary Pierce a remporté 18 titres sur le circuit professionnel (en novembre 2005), dont deux tournois du Grand Chelem.

2 UN DÉBUT DE CARRIÈRE HOULEUX

Née à Montréal (Canada) d’une mère française et d’un père américain, Mary Pierce débute sur le circuit professionnel féminin (la WTA, ou Women Tennis Association) en 1989. Elle prend la nationalité française en mars 1990 ; elle est alors « recrutée » aux États-Unis par la Fédération française de tennis. En 1991, elle figure parmi les 100 meilleures joueuses du monde (le Top 100) à la faveur de plusieurs victoires dans des tournois mineurs.

Ses premiers pas sont toutefois marqués par l’omniprésence bruyante de son père et entraîneur, Jim Pierce, qui finit par être exclu des courts de tennis. L’émancipation de Mary Pierce et son travail avec un nouvel entraîneur permettent de changer totalement son approche du jeu et contribuent à sa progression, d’abord fulgurante, puis plus régulière, vers le Top 10.

Joueuse athlétique et puissante, parfaite illustration de l’évolution du tennis féminin vers un jeu engagé et spectaculaire — plus proche du style développé par les hommes —, Mary Pierce dispose d’atouts considérables qui lui ont permis, notamment au début de sa carrière, de compenser quelques lacunes dans le domaine de la concentration. Elle est aujourd’hui redoutée tant pour sa puissance physique que pour la qualité technique de ses coups.

3 DES RÉSULTATS PROBANTS MAIS INÉGAUX

Finaliste des Internationaux de France de Roland-Garros en 1994, Mary Pierce est sèchement battue par l’Espagnole Arantxa Sanchez. L’année suivante, elle prend sa revanche en remportant son premier tournoi du Grand Chelem, les Internationaux d’Australie, dont elle dispute à nouveau la finale en 1997. En 1994 et 1995, de même qu’en 1999, elle obtient son meilleur classement en terminant l’année à la 5e place mondiale.

C’est toutefois en 2000 qu’elle signe le plus beau résultat de sa carrière en remportant le tournoi de Roland-Garros après dix ans d’insuccès et de mésentente avec le public parisien. Elle devient ainsi la première Française à gagner les Internationaux de France depuis Françoise Durr, lauréate en 1967, un an avant la création du circuit Open. Pour compléter son succès, elle s’impose également en double aux côtés de la Suissesse Martina Hingis.

Cependant, régulièrement blessée au dos, Mary Pierce termine la saison 2001 à la 130e place mondiale. Elle réapparaît sur le circuit à l’occasion des Internationaux d’Australie, mais échoue dès le premier tour. Sur la terre battue de Roland-Garros, elle atteint les quarts de finale du tournoi et bénéficie du soutien désormais inconditionnel du public. Au terme de deux saisons (2001 et 2002) vierges de tout trophée, Mary Pierce pointe à la 52e place de la hiérarchie mondiale.

Les saisons 2003 et 2004 n’apportent pas d’amélioration à ce palmarès. En revanche, l’année 2005 est celle du retour au plus haut niveau pour Mary Pierce, qui apparaît « libérée » sur les courts, joue sans pression et accumule les bons résultats : deux finales en Grand Chelem (défaite à Roland-Garros contre Justine Hénin-Hardenne et défaite à l’US Open contre Kim Clijsters), finale des Masters (perdue contre Amélie Mauresmo) et finale de la Fed Cup (perdue contre la Russie). Mary Pierce termine la saison 2005 à la 5e place du classement mondial.

Yannick Noah


1 PRÉSENTATION

Noah, Yannick (1960- ), joueur de tennis et musicien français.

Du tennis à la chanson en passant par l’action humanitaire, Yannick Noah a toujours fait valoir son charisme et son sens du spectacle.

2 LA CARRIÈRE DE JOUEUR DE TENNIS
2.1 Des débuts à la consécration à Roland-Garros

Né à Sedan (Ardennes) d’un père camerounais (joueur de football professionnel) et d’une mère française (professeur), Yannick Noah quitte la France à l’âge de trois ans pour s’installer à Yaoundé, au Cameroun. Passionné par la musique, il choisit néanmoins de s’adonner au tennis. Il est rapidement découvert par le joueur américain Arthur Ashe ; celui-ci le fait rentrer en France, en 1971, au sein du programme sports-études de la Fédération française de tennis (FFT) à Nice. En 1977, Yannick Noah remporte son premier tournoi junior aux Internationaux de Grande-Bretagne. L’année suivante, il intègre le circuit professionnel et s’adjuge le premier de ses 23 titres en simple et de ses 16 titres en double.

La carrière de Yannick Noah — au cours de laquelle il affronte des joueurs tels que Ilie Nastase, Jimmy Connors, John McEnroe, Ivan Lendl, Stefan Edberg ou encore Boris Becker — est principalement marquée par sa victoire aux Internationaux de France en 1983 aux dépens de Mats Wilander, la première d’un français sur la terre battue de Roland-Garros depuis Marcel Bernard en 1946. Joueur physique et spectaculaire, constamment porté vers le jeu d’attaque, il acquiert une immense popularité.

En 1984, il remporte de nouveau le tournoi parisien en double, associé à Henri Leconte. En 1986, il devient le 3e joueur mondial en simple (le plus haut classement atteint par un joueur français) et le 1er mondial en double. Après une victoire à Sydney et une demi-finale aux Internationaux d’Australie en 1990, il dispute son dernier tournoi à Paris-Bercy en octobre 1991.

2.2 Le capitaine de l’équipe de France de Coupe Davis

Retiré des courts en tant que joueur, Yannick Noah accepte néanmoins de prendre en mains l’équipe de France de Coupe Davis : dès sa première année de capitanat, il conduit Henri Leconte et Guy Forget à la victoire — surprise — contre les États-Unis ; c’est la première victoire de l’équipe de France dans cette épreuve depuis 1932. Il renouvelle cette performance en 1996 : la finale est gagnée — en Suède —, au terme d’un intense suspense, par Cédric Pioline, Guy Forget, Guillaume Raoux et Arnaud Boetsch. En 1997, c’est également sous sa direction que Sandrine Testud, Mary Pierce, Alexandra Fusai et Nathalie Tauziat s’imposent en finale de la Fed Cup contre les Pays-Bas.

3 LA RECONVERSION : YANNICK NOAH CHANTEUR

Dès 1990, alors qu’il est encore joueur de tennis, Yannick Noah se lance dans une carrière musicale, et prépare ainsi sa reconversion : le single « Saga Africa » est un succès immédiat, renforcé par son utilisation devant des millions de téléspectateurs après la finale victorieuse de la Coupe Davis l’année suivante. Pour la réalisation de son premier album, Black & What ! (1991), Yannick Noah reçoit notamment le concours de Manu Dibango. Désormais chanteur à part entière, il enregistre Urban tribu (1993) : doté d’une production plus rock, le disque ne connaît pas les mêmes faveurs du public. Il est suivi par la chanson « Oh rêve » (1997), une relecture pacifiste — et polémique — de la Marseillaise.

Parmi les musiciens qui collaborent à Yannick Noah (2000), hommage aux racines africaines du chanteur, figure Jean-Jacques Goldman. Puis c’est un voyage au Népal qui inspire Pokhara (2003), nourri de sonorités multiples issues de la musique pop, du reggae et des musiques du monde. Après Métisse(s), paru en 2005 et qui propose notamment un duo avec le chanteur jamaïcain Jimmy Cliff, Charango (2006), aux refrains humanistes et écologiques (« Aux arbres citoyens ») et dont le titre est une référence à un instrument traditionnel d’Amérique latine, confirme l’immense succès populaire de Yannick Noah.

4 LES ACTIVITÉS HUMANITAIRES DE YANNICK NOAH

Parallèlement à sa carrière de joueur de tennis puis de chanteur, Yannick Noah s’investit en 1988 dans la création, avec sa mère, de l’association Enfants de la Terre, qui vient en aide aux enfants défavorisés. Il fonde également, en 1996, l’association Fête le mur, dont l’objectif est de proposer des animations sportives pour les jeunes.

John Newcombe


Newcombe, John (1944- ), joueur de tennis australien, spécialiste du jeu sur gazon, qui fut classé premier joueur mondial en 1974.

John Newcombe est né à Sydney. Il remporta sept titres du Grand Chelem : trois Internationaux de Grande-Bretagne (Wimbledon), en 1967, 1970 (il battit Ken Rosewall en finale) et 1971, deux Internationaux d'Australie, en 1973 et 1975 (face à Jimmy Connors), et deux Internationaux des États-Unis, en 1967 et 1973. Il fut classé meilleur joueur mondial en 1974, année où il remporta neuf tournois en simple. En 1973, il contribua à la victoire de l'Australie en Coupe Davis. Excellent joueur de double, il s'adjugea dix-sept titres du Grand Chelem, dont six fois celui de Wimbledon, associé notamment à son compatriote Tony Roche. Il interrompit sa carrière en 1976 sur un total de 32 titres de tournois en simple et devint président de l'ATP (association des joueurs de tennis professionnels) jusqu'en 1978. Cette année-là, il tenta un retour mais fut éliminé au quatrième tour de Wimbledon.

Martina Navratilova


1 PRÉSENTATION

Navratilova, Martina (1956- ), joueuse de tennis américaine d’origine tchécoslovaque.

Martina Navratilova a remporté 354 titres (record absolu) au cours de sa carrière (167 en simple, 177 en double et 10 en double mixte), dont 59 tournois du Grand Chelem (18 en simple, 31 en double et 10 en double mixte) et 7 Masters.

2 UN STYLE SPECTACULAIRE ET INÉDIT

Née à Prague (en Tchécoslovaquie), Martina Navratilova débute sur le circuit professionnel en 1973. Elle gagne son premier tournoi l’année suivante et atteint pour la première fois la finale d’un tournoi du Grand Chelem en 1975 aux Internationaux d’Australie (épreuve qu’elle remporte à 3 reprises dans les années 1980). Au milieu des années 1970, son style spectaculaire et peu orthodoxe dénote et fait entrer le tennis féminin dans une nouvelle ère : gauchère, elle pratique un tennis naturellement porté vers l’attaque et le jeu à la volée ; elle figure en outre parmi les premières joueuses à utiliser des raquettes en graphite (qui succèdent aux raquettes en bois) et à suivre une préparation physique rigoureuse et intensive.

L’année 1978 marque un tournant dans la carrière de Martina Navratilova : elle s’adjuge son premier tournoi du Grand Chelem aux Internationaux de Grande-Bretagne (la première de ses 9 victoires en simple sur le gazon de Wimbledon) et accède à la première place du classement mondial (position qu’elle occupe pendant 331 semaines entre 1980 et 1987). En 1981, elle obtient la nationalité américaine, après six années passées aux États-Unis. De 1975 à 1985 environ, elle entretient une intense — et très médiatique — rivalité sportive avec l’Américaine Chris Evert-Lloyd. Puis l’avènement de jeunes joueuses résolument « agressives » dans leur jeu, telles que Steffi Graf, Monica Seles ou Gabriela Sabatini, confirme l’influence décisive de Martina Navratilova sur l’évolution technique et stylistique du tennis féminin. Outre ses victoires en Australie et en Grande-Bretagne, Martina Navratilova s’impose également aux Internationaux des États-Unis (1983, 1984, 1986, 1987) et de France (1982, 1984).

3 UNE JOUEUSE COMPLÈTE

En 1994, Martina Navratilova devient présidente de la WTA (Women Tennis Association, ou association des joueuses de tennis professionnelles) et met un terme à sa carrière individuelle. Excellente joueuse de double (double femmes et double mixte), elle continue cependant à jouer au plus haut niveau dans cette discipline et remporte encore de nombreux titres, jusqu’au dernier obtenu en double mixte à l’US Open en septembre 2006.

John McEnroe


1 PRÉSENTATION

McEnroe, John (1959- ), joueur de tennis américain, considéré comme le plus talentueux de sa génération, l’une des figures les plus atypiques de l’histoire de ce sport.

2 UN PALMARÈS IMPRESSIONNANT MAIS INCOMPLET

Né à Wiesbaden (Allemagne) — son père appartient alors à des troupes de l’armée de l’air américaine stationnées en Europe —, John McEnroe obtient ses premières lettres de noblesse lors de l’édition 1977 des Internationaux de Grande-Bretagne : amateur, issu des qualifications, il parvient en demi-finale où il est battu par son compatriote Jimmy Connors. Il n’intègre le circuit professionnel que l’année suivante, et remporte immédiatement les Masters (il y domine également ses adversaires en 1983 et 1984) et la première d'une série de cinq Coupe Davis (1978, 1979, 1981, 1982, 1992) avec l'équipe des États-Unis.

Vainqueur de son premier tournoi du Grand Chelem en 1979 aux Internationaux des États-Unis, au palmarès desquels il inscrit à nouveau son nom en 1980, 1981 et 1984, John McEnroe échoue à Wimbledon en 1980, au terme d'une finale mémorable contre le Suédois Björn Borg, mais triomphe finalement sur le gazon britannique en 1981, 1983 et 1984. Battu en finale des Internationaux de France en 1984 par Ivan Lendl, non sans avoir mené deux sets à zéro et approché la victoire, il ne peut rivaliser avec les spécialistes de la terre battue. Il échoue également aux Internationaux d’Australie. Classé premier joueur mondial pendant 170 semaines entre 1980 et 1985, John McEnroe remporte 78 titres au cours de sa carrière et figure parmi les meilleurs joueurs de double de l’histoire du tennis (9 titres en Grand Chelem), associé le plus souvent à son compatriote Peter Fleming. En 1993, il décide de prendre sa retraite sportive, après un dernier « coup d’éclat » aux Internationaux de Grande-Bretagne en 1992 où, contre toute attente, il atteint le stade des demi-finales.

3 UN JOUEUR PARTICULIÈREMENT CHARISMATIQUE

Doté d’un tempérament explosif et d’un style de jeu peu commun, John McEnroe a profondément marqué le tennis des années quatre-vingt, tant par son sens du spectacle que par des gestes techniques inédits et exceptionnels. Joueur porté vers l’attaque systématique, profitant d’un toucher de balle d’une rare subtilité et d’un service original et difficile à retourner, John McEnroe est également célèbre pour ses écarts de langage — le plus souvent dirigés contre les arbitres — et son comportement imprévisible et parfois agressif sur le court. Son indéfectible fidélité envers l’équipe américaine de Coupe Davis a par ailleurs contribué à son immense popularité ; aux yeux du public, aucun joueur n’a depuis John McEnroe (à l’exception de Jimmy Connors, le Roumain Ilie Nastase, les Français Yannick Noah ou encore Henri Leconte) montré une telle personnalité.

Son frère cadet, Patrick McEnroe, a également été joueur de tennis professionnel entre 1984 et 1998, notamment vainqueur en double du tournoi de Roland-Garros en 1989.

Amélie Mauresmo


1 PRÉSENTATION

Mauresmo, Amélie (1979- ), joueuse de tennis française.

Amélie Mauresmo a remporté 23 titres sur le circuit professionnel (en janvier 2006), dont deux tournois du Grand Chelem et un Masters. Elle a été numéro un mondiale en 2004 et 2006.

2 LES ANNÉES DE FORMATION

Née à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), Amélie Mauresmo se découvre une passion pour le tennis dès l’âge de quatre ans, à l’occasion de la finale des Internationaux de France opposant Yannick Noah à Mats Wilander. Elle commence sa formation deux ans plus tard et est rapidement repérée par la Fédération française de tennis. Elle dispute son premier tournoi international en 1993. L’année suivante, elle intègre le Centre national d’entraînement de Roland-Garros. Sa carrière chez les juniors est couronnée par une première place mondiale en 1996, à la faveur notamment de deux victoires aux Internationaux de France et de Grande-Bretagne.

3 L’AVÈNEMENT AU PLUS HAUT NIVEAU INTERNATIONAL

Amélie Mauresmo intègre le circuit professionnel en 1997. L’année suivante, elle figure parmi les 50 meilleures joueuses du monde. C’est toutefois en 1999, lors des Internationaux d’Australie, que sa carrière prend une nouvelle dimension, à la fois sportive et médiatique : son parcours jusqu’en finale de ce tournoi du Grand Chelem (après avoir battu la numéro un mondiale du moment, Lindsay Davenport, en demi-finale) la propulse en effet à la une de nombreux journaux et parmi l’élite du tennis féminin. Elle remporte son premier tournoi quelques mois plus tard, à Bratislava (Slovaquie).

Régulièrement blessée en 2001 et 2002, elle poursuit toutefois sa progression vers le sommet du classement WTA, notamment à la faveur de deux demi-finales aux Internationaux de Grande-Bretagne et des États-Unis. Amélie Mauresmo devient une joueuse redoutée par ses adversaires pour la qualité et la puissance de ces coups de fond du court ; elle possède notamment l’un des meilleurs revers à une main du circuit. Aux côtés de sa compatriote Mary Pierce, des Belges Justine Hénin-Hardenne et Kim Clijsters, ou encore des Américaines Lindsay Davenport, Venus et Serena Williams, elle incarne le tennis féminin moderne, physique, engagé et spectaculaire.

4 LA CONSÉCRATION

De plus en plus régulière au plus haut niveau, Amélie Mauresmo remporte l’édition 2003 de la Fed Cup avec l’équipe de France, atteint la finale des Masters, également en 2003, et celle des jeux Olympiques d’Athènes (Grèce), en août 2004. Quelques semaines plus tard, à l’issue des Internationaux des États-Unis (dont elle atteint les quarts de finale), elle devient la première numéro un mondiale de l’histoire du tennis français.

Après plusieurs places d’honneur dans des tournois majeurs (demi-finales à Wimbledon en 2004 et 2005 notamment), Amélie Mauresmo atteint en novembre 2005 l’un des principaux objectifs de sa carrière : elle devient la première Française à s’imposer aux Masters (aux dépens de sa compatriote Mary Pierce). Elle termine par ailleurs la saison 2005 à la 3e place du classement mondial. Puis, en janvier 2006, elle remporte le premier tournoi du Grand Chelem de sa carrière aux Internationaux d’Australie. Cette victoire est suivie par un succès sur le gazon de Wimbledon (la première d’une Française depuis Suzanne Lenglen en 1925) et par une finale aux Masters.

5 DES ANNÉES DIFFICILES

L’année 2007 est une épreuve pour Amélie Mauresmo, qui perd au troisième tour de Roland Garros, et doit abandonner son titre à Wimbledon dès le quatrième tour. Elle entame alors un long break, perdant sa place de numéro un française, et de nombreux points au classement international. Sa saison 2009 commence avec des résultats encourageants, mais sa chute dès le premier tour de Roland Garros, puis son échec à Wimbledon, indiquent que la confiance n’est pas encore revenue.

Suzanne Lenglen


Lenglen, Suzanne (1899-1938), joueuse de tennis française, qui a contribué à l'éclosion du tennis féminin dans les années vingt.

Née à Compiègne (Oise), Suzanne Lenglen devient championne du monde en 1914 à l'âge de quinze ans, puis remporte trois médailles lors des jeux Olympiques de 1920, l'or en simple et double mixte et le bronze en double. Elle ne perd qu'un seul match en simple entre 1919 et 1926. Six fois victorieuse à Roland-Garros des Championnats de France (devenus les Internationaux de France en 1925) de 1920 à 1923 puis en 1925 et 1926, elle s'y impose également à six reprises en double et double mixte. Avec six succès, dont cinq consécutifs (de 1919 à 1923 et 1925), son record de victoires aux Internationaux de Grande-Bretagne (Wimbledon) n’a été battu par l'Américaine Martina Navratilova qu’en 1986. Elle y remporte en outre six fois le double et trois fois le double mixte, réussissant à enlever les trois titres en 1920, 1922 et 1925. Elle devient professionnelle en 1926, avant d'ouvrir une école de tennis en 1935. Par son jeu, mais aussi par ses tenues révolutionnaires pour l'époque, Suzanne Lenglen a exercé une influence capitale sur l'évolution du tennis féminin.

Ivan Lendl


1 PRÉSENTATION

Lendl, Ivan (1960- ), joueur de tennis américain d’origine tchèque, vainqueur de 8 tournois du Grand Chelem dans les années 1980.

2 UNE PROGRESSION RAPIDE

Né à Ostrava (Tchécoslovaquie, aujourd’hui République tchèque), élevé dans une famille de joueurs de tennis de niveau national, Ivan Lendl dispute à partir de 1975 ses premiers tournois dans la catégorie juniors dont il devient le numéro un en 1978. Il accède au circuit professionnel la même année. En 1980, il remporte quelques victoires significatives sur les meilleurs joueurs du moment (le Suédois Björn Borg notamment, alors au sommet de sa carrière), permet à la Tchécoslovaquie de remporter sa première Coupe Davis et décide quelques mois plus tard d’émigrer aux États-Unis — il devient citoyen américain en 1992.

3 LE DÉCLIC : LA PREMIÈRE VICTOIRE EN GRAND CHELEM

Très régulier et performant, Ivan Lendl peine toutefois à s’imposer dans les épreuves du Grand Chelem ; en 1984 enfin, lors des Internationaux de France, il trouve les ressources mentales pour dominer l’Américain John McEnroe au cours d’une finale qui constitue le tournant de sa carrière. Dès lors, les succès s’enchaînent : de nouveau vainqueur sur la terre battue parisienne en 1986 et 1987, il remporte les Internationaux des États-Unis à 3 reprises (1985, 1986 et 1987), les Internationaux d'Australie à 2 reprises (1989 et 1990) et les Masters à 5 reprises (1981, 1982, 1985, 1986 et 1987), échouant en finale des Internationaux de Grande-Bretagne en 1986 et 1987.

4 IVAN LENDL LE « MÉTRONOME »

Grâce à une préparation physique rigoureuse et une détermination sans faille, Ivan Lendl remporte 94 tournois en plus de quinze ans de carrière. Son jeu de fond de court, constant et puissant — sa lourde frappe en coup droit est restée dans toutes les mémoires —, lui permet à la fois de contenir les assauts adverses et de placer ses coups d’attaque. Redouté pour son style de jeu, Ivan Lendl est également réputé pour son tempérament réservé et peu communicatif — hautain selon certains —, à l’opposé de joueurs exubérants tels que John McEnroe ou Jimmy Connors.

Progressivement mis en difficulté au début des années 1990 par une nouvelle génération de joueurs — les Américains Pete Sampras, Andre Agassi ou Michael Chang, mais également l’Allemand Boris Becker ou le Suédois Stefan Edberg —, il met un terme à sa carrière en 1994.

Henri Leconte


Leconte, Henri (1963- ), joueur de tennis français, vainqueur de la Coupe Davis en 1991, considéré comme l'un des plus talentueux mais aussi inconstants de sa génération.

Henri Leconte est né à Lillers (Pas-de-Calais). Professionnel en 1980, il remporta son premier tournoi en 1982, à l'Open de Stockholm. En 1984, il s'imposa dans le double des Internationaux de France (Roland-Garros) associé à son compatriote Yannick Noah. Il fut classé cinquième joueur mondial en 1986, grâce notamment à ses places de demi-finaliste à Wimbledon et aux Internationaux de France, où il échoua deux ans plus tard en finale, face à Mats Wilander. Sa carrière souffrit de multiples blessures ; il fut victime d'une mononucléose en 1987 et subit ensuite deux opérations du dos en 1989, puis en 1991. Il contribua pourtant cette année-là, avec Guy Forget, à la première victoire française en Coupe Davis depuis 1932. Encore demi-finaliste des Internationaux de France en 1992, il mit un terme à sa carrière en 1996 sur un total de neuf titres de tournois du circuit gagnés sur toutes les surfaces. Gaucher aux coups spectaculaires, il a été l'un des joueurs les plus populaires de son époque.

Rodney George Laver (Rod)

Laver, Rod (1938- ), joueur de tennis australien, le seul joueur à avoir remporté deux fois le Grand Chelem (en amateur en 1962 et en professionnel en 1969).

Rodney George Laver, dit Rod, est né à Rockhampton, dans le Queensland. Gaucher extrêmement habile, il disputa la Coupe Davis de 1959 à 1962 et en 1973, jouant au total 24 rencontres et remportant 16 simples sur 20 et tous les doubles. Il gagna quatre fois le simple de Wimbledon, en 1961, 1962, 1968 et 1969 (face à John Newcombe), les Internationaux d'Australie en 1960, 1962 et 1969, les Internationaux de France (Roland-Garros) en 1962 et en 1969 (face à Ken Rosewall) ainsi que le Championnat des États-Unis ces mêmes années. En 1962, il remporta tous les tournois importants auxquels il participa, fut champion d'Allemagne et d'Italie et remporta les quatre tournois du Grand Chelem.

René Lacoste


Lacoste, René (1904-1996), joueur de tennis français, benjamin de l'équipe des « Mousquetaires », qui fit une carrière brève mais fructueuse entre 1925 et 1929.

René Lacoste est né à Paris. Il contribua à trois victoires françaises en Coupe Davis entre 1927 et 1929. En 1927, il domina les Américains Bill Tilden et William Johnston pour offrir à l'équipe de France son premier succès dans cette épreuve qu'elle remporta jusqu'en 1932. Meilleur joueur du monde en 1926 et 1927, classé deuxième en 1928 et 1929, il s'imposa trois fois dans les Internationaux de France à Roland-Garros (1925, 1927 et 1929), deux fois aux Internationaux de Grande-Bretagne à Wimbledon (1925 et 1928) et aux Internationaux des États-Unis (Forest Hill, 1926 et 1927). En double, associé à Jean Borotra, il s'adjugea trois fois les Internationaux de France (1924, 1925, 1929) ainsi que Wimbledon (1925). Il arrêta la compétition en 1929, à l'âge de vingt-cinq ans. Sa notoriété lui permit de lancer avec succès une marque de vêtements qui porte son nom.

Gustavo Kuerten


1 PRÉSENTATION

Kuerten, Gustavo (1976- ), joueur de tennis brésilien.

2 GUSTAVO KUERTEN OU L’AVÈNEMENT D’UN STYLE : L’ATTAQUE DE FOND DE COURT

Né à Florianópolis (État de Santa Catarina) dans une famille férue de sport, Gustavo Kuerten découvre le tennis, mais également le football et le basket-ball, à l’âge de 6 ans. Amateur de surf, qui demeure aujourd’hui encore l’une de ses passions, il embrasse toutefois la carrière de tennisman à 14 ans. Entraîné par Larri Passos (son « père de substitution » après le décès de ce dernier), il tente de passer les qualifications de grands tournois européens, sans obtenir de résultats probants.

L’expérience s’avère cependant profitable, et Gustavo Kuerten intègre le circuit professionnel ATP en 1995. Son jeu d’attaquant de fond de court, qui repose sur une exceptionnelle vitesse de déplacement, des frappes sèches et l’utilisation d’effets liftés tant en revers qu’en coup droit, déstabilise ses adversaires ; tout comme le style en maints points identique de joueurs tels que l’Américain Jim Courier ou l’Espagnol Sergi Bruguera avait pu se révéler redoutable quelques années auparavant.

3 GUSTAVO KUERTEN, « MAÎTRE » DE LA TERRE BATTUE

Sa victoire surprise aux Internationaux de France en 1997 marque un tournant dans la carrière de Gustavo Kuerten — parfois surnommé « Guga » par ses admirateurs —, désormais « lancé » vers le sommet de la hiérarchie mondiale. Adulé dans son pays, où il détrône les plus grands joueurs de football en termes de popularité, il connaît par la suite deux saisons moins fastes.

Toujours étonnamment décontracté face à la pression médiatique et sportive, il revient au plus haut niveau à l’occasion du tournoi de Monte-Carlo en 2000. Concurrencé dans sa quête de la 1re place mondiale par le jeune Russe Marat Safin notamment, il s’impose cependant quelques mois plus tard à Roland-Garros pour son deuxième succès en Grand Chelem, puis conclut la saison par plusieurs exploits consécutifs lors des Masters de Lisbonne (Portugal) : vainqueur successivement d’Andre Agassi et de Pete Sampras en finale de l’épreuve, sur une surface rapide plutôt favorable aux véritables attaquants, il dépossède Marat Safin de la 1re place au classement ATP.

Vainqueur sur la terre battue parisienne pour la troisième fois en 2001 — seuls Björn Borg et Henri Cochet ont fait mieux avec respectivement 6 et 4 victoires —, Gustavo Kuerten connaît une saison 2001 inégale ; décevant lors des Masters disputés à Sydney (Australie), il conserve néanmoins la 2e place au classement ATP, derrière l’Australien Lleyton Hewitt, à la faveur d’excellents résultats en début d’année. L’année suivante, une blessure contrarie son évolution ; il ne peut disputer qu’un nombre limité de matchs, ne remporte qu’un titre et termine ainsi la saison 2002 à la 36e place de la hiérarchie mondiale.

Billie Jean King

King, Billie Jean (1943- ), joueuse de tennis américaine, qui remporta quinze tournois du Grand Chelem entre 1966 et 1975.

Billie Jean King est née à Long Beach, en Californie. En 1962, à dix-huit ans, elle détrôna Margaret Court, la meilleure joueuse de tennis du monde, à Wimbledon. Elle remporta six fois les Internationaux de Grande-Bretagne (Wimbledon), de 1966 à 1968, en 1972, 1973 et 1975, quatre fois les Internationaux des États-Unis, en 1967, 1971, 1972 et 1974, les Internationaux de France (Roland-Garros) en 1972 et les Internationaux d'Australie en 1968, compétitions au cours desquelles Evonne Goolagong et Chris Evert furent parmi ses principales adversaires. Elle fut encore, à quarante ans, demi-finaliste de Wimbledon en 1983.

Lewis Hoad


Hoad, Lewis (1934-1994), joueur de tennis australien qui remporta trois tournois du Grand Chelem en 1956 et fut l'un des meilleurs joueurs de double de l'après-guerre.

Lewis Hoad est né à Sydney. Il triompha quatre fois dans la Coupe Davis, notamment associé à son compatriote Ken Rosewall, en 1953, puis de 1955 à 1957. En 1956, il s'adjugea en simple les Internationaux de France (Roland-Garros), d'Australie et de Grande-Bretagne (Wimbledon), qu'il remporta également l'année suivante. Il fut aussi un excellent joueur de double remportant, dès l'âge de quinze ans, les Championnats juniors d'Australie avec Rosewall. Il s'imposa encore en double aux Internationaux de France en 1953, d'Australie en 1953, 1956 et 1957, des États-Unis en 1956, et à Wimbledon en 1953, 1955 et 1956 avant de devenir professionnel en 1958. Il obtint alors des résultats en demi-teinte en raison d'une blessure au dos. Il disputa cependant encore Wimbledon à trente-six ans en 1970, puis entraîna successivement les équipes espagnole et britannique de Coupe Davis.

Martina Hingis


1 PRÉSENTATION

Hingis, Martina (née en 1980), joueuse de tennis suisse d’origine tchécoslovaque.

Martina Hingis a remporté 43 titres sur le circuit professionnel (en novembre 2007), dont 5 tournois du Grand Chelem et 2 Masters. Elle est la plus jeune détentrice d’un titre du Grand Chelem (à 16 ans) depuis la Britannique Lottie Dod en 1887, et la plus jeune numéro un mondiale de l’histoire du tennis (à 16 ans et demi, en mars 1997).

2 UNE RÉUSSITE EXCEPTIONNELLEMENT PRÉCOCE

Née à Košice (Tchécoslovaquie, aujourd’hui Slovaquie), Martina Hingis apprend le tennis dès l’âge de 3 ans, entraînée par sa mère, ancienne championne nationale. En 1985, elles émigrent en Suisse où Martina commence sa carrière en 1993. Elle est immédiatement remarquée parmi les juniors des Internationaux de France, épreuve qu’elle remporte à l’âge de 13 ans. Elle gagne à nouveau l’année suivante, en 1994, sur la terre battue parisienne, puis aux Internationaux de Grande-Bretagne. Elle devient joueuse professionnelle en octobre, classée 399e mondiale.

Janvier 1996 constitue une date clé dans la carrière de Martina Hingis, qui se hisse à la 15e place du classement mondial après être parvenue en quarts de finale aux Internationaux d’Australie. Six mois plus tard, elle décroche le titre en double à Wimbledon, aux côtés d’Helena Sukova. Mais c’est l’année 1997 qui la révèle véritablement ; en janvier, à l’âge de 16 ans et 5 mois, elle remporte son premier titre du Grand Chelem en simple lors de l’Open d’Australie, tournoi qu’elle remporte à nouveau en 1998 et 1999, battant en finale la Française Amélie Mauresmo. En juillet 1998, elle arrache la victoire à la Tchèque Jana Novotna sur le gazon de Wimbledon et, en septembre, elle obtient le titre lors des Internationaux des États-Unis à New York.

Dominatrice et volontaire, parfois arrogante selon certains, quasiment imbattable pendant deux années de règne sans partage sur le circuit féminin (1997 et 1998), Martina Hingis doit toutefois affronter à partir de 1999 une concurrence plus intense.

3 UNE ÉVOLUTION CONTRARIÉE, UNE VOLONTÉ INÉBRANLABLE

Victorieuse de neuf tournois en 2000, trois en 2001 et deux en 2002, Martina Hingis se retire du circuit en octobre 2002 à la suite d’une blessure. Elle n’est de retour sur les courts qu’en février 2005 : après plus de deux ans d’absence, les premiers tournois s’avèrent difficiles à négocier ; c’est finalement en mai 2006, à Rome (Italie), qu’elle remporte son premier titre depuis le tournoi de Tokyo au début de la saison 2002. Atteignant notamment les quarts-de-finale des Internationaux d’Australie et de France en 2006, Martina Hingis revient parmi les 10 meilleures joueuses mondiales et impressionne par sa volonté et sa détermination.

Toutefois, l’année suivante, Martina Hingis dispute peu de matches et peine à retrouver son meilleur niveau. Régulièrement blessée et soupçonnée de dopage, elle met un terme à sa carrière sportive en novembre 2007.

Lleyton Hewitt


1 PRÉSENTATION

Hewitt, Lleyton (né en 1981), joueur de tennis australien.

Lleyton Hewitt a remporté 26 titres sur le circuit professionnel ATP (en novembre 2007), dont deux tournois du Grand Chelem et deux Masters. Il a également été, en 2001, le plus jeune numéro un mondial de l’histoire du tennis depuis la création du circuit professionnel (l’ère Open) en 1969.

2 LES ANNÉES DE FORMATION D’UN PRODIGE

Né à Adelaïde (Australie-Méridionale) dans une famille de sportifs, Lleyton Hewitt découvre le tennis dès son plus jeune âge. Féru de football australien dont il souhaite embrasser la carrière, ses parents lui offrent toutefois rapidement les services d’un entraîneur de tennis personnel. Sous la direction de Peter Smith, le jeu de Lleyton Hewitt prend forme, et le jeune prodige obtient des résultats encourageants face à des adversaires plus âgés.

Lleyton Hewitt intègre le circuit professionnel en 1998. L’année suivante, il débute en Coupe Davis aux côtés de l’une de ses idoles, Patrick Rafter. Conforté par cette expérience positive dans sa volonté farouche de réussir, il réitère l’année suivante et obtient ses premières lettres de noblesse en battant à deux reprises le Russe Evgueni Kafelnikov (numéro un mondial quelques mois plus tôt) lors de la demi-finale contre la Russie. En finale, il est battu par Cédric Pioline, mais obtient la victoire finale avec son équipe aux dépens de la France.

3 LA ROUTE VERS LES SOMMETS

Peu apprécié par ses adversaires, qui critiquent son tempérament à la fois rageur et distant, Lleyton Hewitt poursuit néanmoins son inexorable ascension, « accompagné » par des médias et des sponsors à la recherche de fortes personnalités et avides de renouvellement au sein de l’élite du tennis mondial. Si ses résultats en Grand Chelem ne sont pas convaincants en 1999, il accède à la demi-finale des Internationaux des États-Unis l’année suivante et remporte l’épreuve en 2001 contre Pete Sampras, incontestable meilleur joueur des années 1990.

Quelques mois plus tard, son jeu puissant et régulier, reposant sur une condition et une présence physiques hors normes couplées à une détermination sans faille, lui permet de s’adjuger les Masters de Sydney ; sa victoire contre le Français Sébastien Grosjean lui offre en outre une place de numéro un mondial du classement ATP de l’année 2001, performance unique pour un joueur de son âge et pour un Australien. Lleyton Hewitt inaugure la saison 2002 par une piètre performance lors des Internationaux d’Australie (élimination au premier tour), mais remporte par la suite le Masters Series d’Indian Wells (États-Unis), les Internationaux de Grande-Bretagne — il est le premier Australien à s’imposer sur le gazon londonien depuis Pat Cash en 1987 — et les Masters pour la seconde année consécutivement, conservant ainsi la place de numéro un au classement mondial.

4 CONCURRENCE ET RÉSISTANCE

À partir de la saison 2003, confronté à une concurrence très âpre (incarnée notamment par l’Américain Andy Roddick, le Suisse Roger Federer ou l’Espagnol Rafael Nadal), Lleyton Hewitt parvient à rester parmi les meilleurs joueurs mondiaux, mais abandonne sa place de numéro un du classement. Il atteint la finale de l’US Open en 2004 puis celle des Internationaux d’Australie en 2005, mais sa présence au plus haut niveau des tournois du Grand Chelem se fait plus rare. En 2005, 2006 et 2007, il ne remporte qu’un tournoi par saison.

Justine Hénin


1 PRÉSENTATION

Hénin, Justine (née en 1982), joueuse de tennis belge.

Justine Hénin a remporté 41 titres sur le circuit professionnel (entre 1999 et 2008), dont 7 tournois du Grand Chelem et 2 Masters. Elle a été numéro un mondial pour la première fois en octobre 2003, puis de nouveau en 2006 et 2007.

2 UNE VOCATION PRÉCOCE

Née à Liège, Justine Hénin commence le tennis dès l’âge de cinq ans et dispute ses premières compétitions à six ans. Après plusieurs années de sport-études, notamment à Mons, elle remporte le Championnat du monde juniors (l’Orange Bowl) et les Internationaux de France juniors en 1997. Elle intègre le circuit professionnel en 1999 et s’adjuge son premier tournoi la même année (à Anvers).

3 RÉGULARITÉ ET DÉTERMINATION

La première saison disputée sur le circuit de la WTA (Women Tennis Association) s’avère cependant difficile à négocier pour Justine Hénin, qui n’obtient aucun résultat probant en 2000. Les années 2001 et 2002 sont plus prolifiques, puisqu’elle remporte 5 tournois et s’impose comme une joueuse régulière au plus haut niveau mondial. C’est également en 2002 que Justine Hénin se marie avec l’entraîneur de tennis Pierre-Yves Hardenne.

À la faveur d’une solidité dans tous les compartiments de jeu (défense et attaque), sans pour autant être aussi spectaculaire que ses principales rivales (les Américaines Lindsay Davenport, Venus Williams et Serena Williams, la Française Amélie Mauresmo ou encore les Russes Anastasia Myskina et Elena Dementieva), Justine Hénin-Hardenne réussit une saison 2003 particulièrement aboutie : victoires à Roland-Garros puis à l’US Open, et une place de 1re joueuse mondiale au classement WTA.

4 UN PARCOURS À LA FOIS BRILLANT ET CHAOTIQUE

Moins présente en 2004 (malade, elle ne dispute que 40 matchs, contre plus de 80 l’année précédente), Justine Hénin-Hardenne reste difficile à battre (seulement 5 défaites), notamment grâce à une détermination psychologique sans failles, et s’impose aux Internationaux d’Australie et aux jeux Olympiques d’été à Athènes (en Grèce). Elle revient au premier plan à partir d’avril 2005 et remporte le tournoi de Roland-Garros aux dépens de la Française Mary Pierce. Elle est en revanche éliminée dès le premier tour des Internationaux de Grande-Bretagne.

La place de numéro un mondiale qu’elle occupe à la fin de l’année 2006 après sa victoire aux Masters récompense une saison exceptionnelle marquée par quatre finales consécutives en Grand Chelem (dont une 3e victoire à Roland-Garros), une performance rare, notamment réalisée par Martina Hingis en 1997. La saison 2007 est d’abord marquée sur le plan personnel par son divorce : Justine Hénin-Hardenne redevient Justine Hénin. Sur le plan sportif, la joueuse remporte son 4e titre à Roland-Garros (le 3e consécutivement), parvient en demi-finales à Wimbledon et s’adjuge les Internationaux des États-Unis pour la deuxième fois ; avec 63 victoires pour seulement 4 défaites, elle conforte sa 1re place au classement mondial.

Si la saison 2008 débute par une victoire lors du premier tournoi de l’année, quelques défaites inhabituelles viennent troubler la confiance et la motivation de Justine Hénin, qui annonce, à la surprise générale, en mai 2008, qu’elle met un terme définitif à sa carrière, l’une des plus brillantes de l’histoire du tennis et du sport belge.

Steffi Graf


1 PRÉSENTATION

Graf, Steffi (1969- ), joueuse de tennis allemande, vainqueur du Grand Chelem en 1988, numéro un mondial pendant un nombre record (hommes et femmes confondus) de 374 semaines, dont 188 consécutives.

2 UN PALMARÈS INÉGALÉ

Née à Bruehl, près de Cologne, Steffi Graf remporte son premier tournoi du Grand Chelem en 1987, en battant l’Américaine Martina Navratilova en finale des Internationaux de France. L’année suivante, elle est championne aux jeux Olympiques d’été de Séoul et devient la troisième femme (après l’Américaine Maureen Connolly en 1953 et Margaret Court en 1970) à réussir le Grand Chelem. Steffi Graf possède l’un des palmarès les plus prestigieux et complets de l’histoire du tennis : 22 titres en Grand Chelem, dont sept victoires aux Internationaux de Grande-Bretagne (1988, 1989, de 1991 à 1993, 1995 et 1996), six aux Internationaux de France (1987, 1988, 1993, 1995, 1996 et 1999), cinq aux Internationaux des États-Unis (1988, 1989, 1993, 1995 et 1996) et quatre aux Internationaux d’Australie (1988 à 1990 et 1994), elle gagne par ailleurs les Masters à cinq reprises (1987, 1989, 1993, 1995 et 1996) et compte plus de 100 victoires en simple.

3 UNE FIN DE CARRIÈRE MOUVEMENTÉE, UNE RECONVERSION RÉUSSIE

Première joueuse mondiale entre 1987 et 1991, Steffi Graf subit alors la concurrence de l’Américaine Monica Seles, puis, en 1993, reprend la tête du classement WTA. Souvent handicapée par des blessures, confrontée à des problèmes personnels, la joueuse allemande doit en outre affronter, depuis l’avènement de Martina Hingis sur le circuit, en 1995 environ, une nouvelle génération de jeunes joueuses telles que Lindsay Davenport, Serena et Venus Williams, Anke Huber, Iva Majoli, la Française Mary Pierce, etc., qui remettent de plus en plus en cause une suprématie jusque-là incontestée.

Après une 6e victoire aux Internationaux de France et une place de finaliste à Wimbledon, Steffi Graf annonce officiellement, le 13 août 1999, qu’elle met un terme définitif à sa prodigieuse carrière. Elle se consacre alors à la fondation humanitaire qu’elle a créée en 1998 (Children For Tomorrow, « enfants pour demain », qui vient en aide aux enfants ayant connu la guerre), donne son nom à une marque d’articles de mode et soutient activement le WWF (Fonds mondial pour la nature), dont elle est l’une des ambassadrices.

Evonne Fay Goolagong

Goolagong, Evonne (1952- ), joueuse de tennis australienne qui remporta quatre fois de suite les Internationaux d'Australie entre 1974 et 1977.

Evonne Fay Goolagong, née à Griffith (Nouvelle-Galles-du-Sud), fut la première joueuse de tennis d'origine aborigène, tout d'abord célèbre dans son pays pour avoir commencé à jouer pieds nus. Présente sur le circuit dès l'âge de dix-sept ans, elle connut ses premiers succès deux ans plus tard, en 1971, s'imposant aux Internationaux de France (Roland-Garros) et aux Internationaux de Grande-Bretagne (Wimbledon) dont elle remporta également le double avec sa compatriote Margaret Court. Finaliste des Internationaux d'Australie de 1971 à 1973, elle y triompha ensuite jusqu'en 1977, date de la naissance de sa fille. En 1980, victorieuse à Wimbledon devant Chris Evert sous le nom d'Evonne Cawley-Goolagong, elle devint la première joueuse mère de famille à y triompher depuis Dorothy Chambers en 1914. Elle disputa un total de 18 finales de tournois du Grand Chelem, dont quatre fois celle des Internationaux des États-Unis où elle échoua toujours. Elle mit un terme à sa carrière en 1983, avec un total de 88 titres à son palmarès.